ARTICLE DU J.D.D. « FEMINA » par Eliane LE REUN

Douce ALBERTINI : « Marieuse, c’est un métier qui fonctionne à l’intuition, à l’instinct.

Quand j’accroche, je ne lâche plus ! »

Sa profession : marieuse.

Sa méthode : du sur-mesure basé sur son intuition. Rien à voir avec le business des agences matrimoniales.

Douce ALBERTINI revendique son bonheur : concocter celui des autres…

Mais comment faites-vous ?

« Il y a trois ans, au cours d’un dîner chez des amis communs, Douce m’a demandé si j’étais amoureux. J’ai éclaté de rire : à non, pas moi ! Je connaissais les activités de Douce, ses résultats m’impressionnaient, mais, bien que divorcé, je ne me sentais pas concerné », explique Micha, un séduisant médecin de 40 ans. Ce soir là, en bavardant avec lui, Douce n’a qu’une image en tête, celle d’Aurélie, une de ses clients, pardon « complices », auprès de qui, un an auparavant, elle s’est engagé à lui trouver l’âme soeur. Je « voyais » Micha et Aurélie ensemble. Une évidence se souvientelle.

Aurélie travaille dans l’informatique : une fille de 34 ans, dynamique et gaie, qui ne manque pourtant ni d’amis et sort beaucoup. Seulement, divorcée depuis quatre ans, elle se sent lasse de constater que le hasard se dérobe. C’est alors qu’elle est séduite par un article consacré à Douce

 

 ALBERTINI. Ses méthodes peu orthodoxes semblent efficaces. Alors, pourquoi pas ?

 

Une sélection rigoureuse

Douce travaille et reçoit chez elle. Dans son salon, elle désigne fièrement les photos de ses enfants.

Ambiance chaleureuse, tenue décontractée, en jean et pull-over, d’emblée elle tutoie : « sinon je ne peux pas me livrer et puis je ne suis pas BCBG ». Le ton est donné. Volubile, elle parle de son mec, des nanas dont elle s’occupe, puis sérieuse, explique « je ne fais jamais signer de contrat dès la première entrevue car je veux avoir la certitude pouvoir tenir mes engagements. Pour cela, il me faut nouer une vraie relation affective. Si je n’ai pas le feeling avec la personne, je refuse ». Ce qu’elle fait d’ailleurs souvent : elle peut recevoir, après une émission, 2000 appels et ne retenir que 10 candidats.

La sélection se fait par le travail qu’elle exige de ses futurs complices au moins 50 pages écrites de leur biographie où ils doivent consigner, sans tricher : souvenirs d’enfance, histoire familiale, parcours sentimental, les personnes qui les ont marqués en positif et négatif, des photos,… »Après, je fais un boulot de dingue ! Lors d’un RDV de contrat, prévu en général pour deux heures, je suis capable de rester plus de huit heures avec la personne, de l’emmener dîner, de discuter avec elle jusqu’au petit matin ! ».

Des milliers de questions

Pour trouver l’âme soeur de ses complices, Douce puise dans son relationnel d’environ 500 personnes, ou passe des annonces sur son site Internet. Elle sélectionne rigoureusement les réponses, et le prétendant doit se soumettre à des milliers de questions, pendant deux à cinq mois, sur sa personnalité, le sérieux de ses motivations … Frédéric qui a flashé il y a quatre mois sur Laetitia via le Net, ne connaît toujours pas son vrai nom, ni son adresse. Il vient juste de rencontrer Douce. « Je suis impressionnée par le sérieux de sa démarche » confirme-t-il. Douce ne fait rien payer, qu’à ses complices. Jamais aux personnes qui répondent à une annonce. Déjà elle concocte une rencontre surprise pour le mois prochain. « Frédéric est fin, intelligent, mais aussi chaleureux.

Laetitia plus réservée, cache derrière une apparence un peu froide une grande sensibilité ? Cà devrait bien se passer ». A suivre, donc.

Une véritable « Coach »

Avec sa silhouette de sylphide et son sourire malicieux, Charlotte a de quoi séduire la terre entière.

Problème : une timidité maladive face aux hommes . Plus elle est amoureuse et plus elle se dévalorise, jusqu’à la panique. De fuite en fuite, à 32 ans Charlotte comprend quelle est en tain de gâcher sa vie. Que faire ? Une de ses amies lui ayant parlé de Douce ALBERTINI, elle songe qu’elle tient là peut – être le dernier recours. Elle hésite cependant deux ans avant de la contacter. Pas facile d’admettre que toute seule on n’arrive pas à nouer une relation sentimentale. « les histoires de tous ces gens qui n’arrivent pas à se rencontrer, à s’aimer, me nouent les tripes. D’une certaine façon, je me substitue au destin », dit Douce.

Comme un coach, elle prendra donc Charlotte sous son aile pour la booster et lui apprendre à s’aimer enfin. « Souvent, mon travail consiste d’abord à remettre les gens sur orbite, à les aider à se sentir mieux dans leur corps et dans leur tête. Finalement le mariage, c’est la cerise sur le gâteau ! » précise cette corse chaleureuse.

Pour Charlotte, le travail consistera à accepter enfin de se débarrasser de sa boulimie. Pour Emmanuelle, qui avait pris le parti de dissimuler sa sensibilité sous d’épais capitons, il a fallu mettre au point un régime, lui apprendre à mettre ses cheveux roux et son teint de lait en valeur plutôt que de les éteindre avec des vêtements informes aux tons criards. Aujourd’hui, elle a perdu 12 kilos, et gagné un plus joli sourire, après avoir porté pendant plusieurs mois un appareil pour redresser les dents. « Elle est prête ! J’ai revu avec elle sa garde-robe, je lui ai fait choisir des tissus souples et clairs. Elle a enfin changé sa façon de se maquiller et de se coiffer. Mercredi je la présente à Cyril ! ».

Prête à remuer ciel et terre

Douce dit « je suis dure ! Je n’hésite jamais à leur dire ce qui ne va pas chez eux ! « Charlotte, elle répond : « Elle ne juge jamais. En très peu de mots, elle comprend tout. Depuis huit mois, elle ne me lâche pas. Elle m’a donné des adresses de psys. Elle m’a proposé de venir passer une semaine chez elle pour m’aider à contrôler ma nourriture. Elle m’a même invitée à passer une semaine au Sénégal en sa compagnie). Avec Douce la punchy, Charlotte la timide commence à s’épanouir. Il y a troisN mois, Douce avait quelqu’un en tête pour Charlotte, lui en a juste touché trois mots « Un homme très bien ». Charlotte et Philippe se téléphonent, communiquent par E-mails, « Il me plaisait énormément.

J’ai peur encore une fois, de ne pas être à la hauteur »,regrette la jeune femme qui, qui, jusqu’à ce jour s’est arrangée pour ne pas le rencontrer. Pas facile de chasser les vieux démons. Question de temps ? Douce ne s’inquiète pas trop. Pour sa petite « Boubou », elle est prête à remuer ciel et terre.

Si Douce ALBERTINI trie ses complices sur le volet, il lui arrive aussi de prendre des risques. Il y a deux ans, lorsqu’elle reçoit Vincent, un ébéniste de 42 ans, elle se sent déchirée. Vincent souffre de la maladie de Little, qui se traduit par une démarche désarticulée. Rien a priori ,chez cet homme ne peut séduire. Mais lorsqu’elle reçoit sa biographie, elle découvre un être d’une intelligence, d’un humour, et d’une richesse qui la bouleversent. « C’était trop injuste. J’hésitais, je n’en dormais plus. Finalement, j’ai accepté ». Elle le prévient toutefois avec sa franchise abrupte : « tu sais, avec les gens normaux, ce n’est pas toujours facile, alors avec toi, il va falloir s’accrocher ! » C’est justement ce langage direct qui le séduit. Les agences matrimoniales lui faisaient miroiter monts et merveilles avant de le laisser faucher, plus seul que jamais, les femmes qui l’acceptent pour un cinq à sept mais qui refusent de se montrer avec lui … toute cette douleur, il n’en peut plus.

Rendre les autres heureux

Moins de trois mois après , Douce se confie à Brigitte, une de ses copines. Cette brune célibataire de 38 ans est ingénieur. Un rien machiavélique, Douce brosse un portrait catastrophique de son complice allant même jusqu'à exagérer son handicap, avant de lui demander son avis. Brigitte regarde Douce et murmure « Mais c’est l’homme de ma vie ! ». Vincent et Brigitte se sont écrit, téléphoné pendant un mois avant de se rencontrer. « Avant même de nous voir, nous étions déjà profondément attachés l’un à l’autre. Noël approchait. Douce souhaitait que nous nous rencontrions hors de notre contexte habituel » se souvient Vincent. Rendez-vous est pris à Prague, un 31 décembre sous le porche d’une église où ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Mariés depuis un an, ils attendent leur premier bébé pour le mois de mai. « J’ai déjà sept « petits fils », la puce de Brigitte sera ma première « petite fille » conclue Douce, fière de sa « descendance ». Je fais des journées de seize heures, 7 jour sur 7. Mais c’est ma vie ! Rendre les gens heureux, c’est mon truc !

AURELIE confirme : « Nous sommes rapidement devenues amies. Nous avons déjeuné, dîné ensemble, parlé de tout et de rien. On se téléphonait, s’envoyait des E-mails. J’en oubliais presque le but de notre relation ! ». Des mois de rencontres et d’échanges journaliers permettent à Douce de s’imprégner totalement de la personnalité de ses complices. « Je prends des centaines d’infos que je fais fusionner une fois que j’ai repéré les affinités et les complémentarités. Mais ce que je vois, je ne le dis jamais aux autres, parce qu’ensuite, au moment de la rencontre, il faudra laisser le charme opérer. C’est ce qui s’est passé avec Aurélie. « Pendant un an, elle ne m’a présenté aucun homme, mais j’avais la conviction que se serait grâce à elle que je referais ma vie », affirme-t-elle. Elle ne s’est pas trompée. Pour fêter son anniversaire ; Douce, qui avait fini par repérer la « moitié d’orange » d’Aurélie, organise un dîner de vingt personnes auquel elle l’invite, sans la prévenir qu’elle sera placée à côté de celui …qu’elle épousera un an plus tard. Entre Aurélie et Micha, les affinités ont joué bien avant qu’ils n’en prennent conscience et se le disent. Trois en plus tard, ils n’en reviennent toujours pas. « Je ne me suis jamais senti aussi bien avec une femme » explique, ému, Micha « il m’arrive encore de penser que c’est trop beau pour être vrai » ajoute Aurélie.

Aujourd’hui, ils ont eu une petite fille venue s’ajouter à leur bonheur – DOUCE – novembre 2002

Et le hasard dans tout ça ?

L’AVIS DE SAMUEL LEPASTIER, PSYCHANALYSTE

Pour tomber amoureux, il faut être mécontent de sa vie, en état de quête. Que la rencontre soit arrangée ou non, il ne s’agit jamais d’un pur hasard.

Les complices de Douce ALBERTINI ont une démarche volontaire. Encore faut-il qu’ils soient prêts, inconsciemment à l’assumer. Douce ALBERTINI pousse à l’extrême la fonction de marieuse qui a toujours existé. De plus, elle joue aussi, en quelque sorte, le rôle d’une éducatrice pour adulte, contrairement aux agences matrimoniales. Par ailleurs le couple, pour se former a besoin d’une certaine approbation de l’entourage. Approbation donnée ici par cette sympathique « sorcière ».

Enfin, être obligé de se faire assister est probablement plus facile pour les femmes que pour les hommes. Certains risquent d’éprouver l’impression d’avoir perdu la capacité à conquérir.

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